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permaculture, culture sur butte et brf

La permaculture c'est cultiver sur butte?

Non la culture sur butte n'est pas la permaculture. En France, la butte et la permaculture sont très fortement liées. Pourtant dans certaines situations, la culture sur butte peut aller à l'inverse des principes permacoles et participer à la dégradation du terrain. Loin de nous l'idée d'en débattre ici, mais il est vrai que, bien pensée, la butte peut favoriser la création d'un écosystème pérenne et fertile dont le paysan peut tirer profit. Il existe différentes conceptions de buttes, et nous vous conseillons le très bon article des Incroyables Comestibles de Castres sur le sujet. Nous avons également apprécié ce petit reportage de 15min.

Le BRF, c'est pour pailler les allées?

Le BRF (bois raméal fragmenté) est une technique découverte il y a une quarantaine d'année au Québec. Elle consiste à déposer sur le sol une couche d'épaisseur variable de broyat de rameaux de feuillus frais. Dans un premier temps, on constate une "faim d'azote" pouvant rendre impossible certaines cultures. Elle est due au développement d'un ou de plusieurs champignons de la famille des basidiomycètes. Une symbiose entre les organismes du sol, la macrofaune et ce que nous y cultivons s'installe ensuite. La décomposition lente des copeaux amène un gros apport d'humus bénéfique à la croissance des végétaux. On peut donc cultiver dans le brf.  Certains auteurs parlent d'une évolution du sol vers plus d'acidité et un rapport carbone/azote trop élevé. On peut aussi porter un regard critique sur l'exploitation des ressources, car il faut broyer d'énormes quantités de bois pour couvrir les quelques m2 du jardin. La fiche wikipedia est bien fournie sur le sujet.

Notre projet de permaculture

Il y a deux ans, nous avons choisi de broyer (au lieu de brûler) les résidus d'élagage issus de l'entretien de la forêt alentour et d'un chantier de remise en état de l'ancien chemin de desserte du Talavé. Nous avons mis en tas près de 15m3 de copeaux et tenté de tirer profit de la chaleur issue des organismes  dégradant la lignine pour nos propres besoins de chauffage (méthode Jean Pain). Les résultats de cette expérience seront détaillés dans un futur article. Profitant de cette manne humifère, nous l'exploitons cet été en couverture pour certaines cultures, et sous forme de butte pour d'autres, afin de favoriser une rétention d'humidité et une continuité de l'activité des organismes. Par la même occasion, cela nous permet de créer un potager en zone 1, au plus près de la maison, sur un sol caillouteux (remblai) et très appauvri.

Dans notre cas, il ne s'agit pas de la technique du brf, car les copeaux datent de deux ans, et le broyat a largement fermenté et chauffé. Ces copeaux sont issus d'une majorité de feuillus, mais comportent tout de même 30 à 35% de résineux (la littérature parle d'un maximum de 20% pour le brf), ainsi qu'une petite partie de bois caulinaire. Le cœur du tas actuellement en démontage est encore à 52°C comme le montre la photo ci-contre, preuve que l'activité très mal connue des organismes thermophiles ne s'arrête pas, comme certains le disent, au bout de quelques mois.
Nous pensons que la longue fermentation limitera le phénomène de faim d'azote. Enfin, le basidiomycète accepte bien le déménagement et se réinstalle assez rapidement dans les paillis (5 à 10cm d'épaisseur) comme dans les buttes. En ce moment, il s'agit chez nous du coprin noir d'encre.

Nous ne nous lançons pas complètement à l'aveugle dans ce chantier. Nous avons constaté, par hasard, en voulant mettre en jauge dans ces copeaux un surplus de plants de carottes, chicorées et autres choux qui attendaient impatiemment leur place au jardin, que ceux-ci s'y trouvaient étonnement bien.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pourrez découvrir le détail sur la constitution et l'évolution des buttes dans le prochain article.

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