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Walipina: faire d’une pierre trois coups

Un de nos projets est la création d'une walipina (ou walipini). Il s'agit d'une serre enterrée ou semi-enterrée traditionnelle des indiens d'Amérique du Sud. Elle est constituée d'une fosse recouverte d'un toit en polyéthylène ou en verre. Le sol est aménagé pour cultiver ses légumes.

Elle est utilisée notamment en Bolivie par les populations défavorisées. A l'image de La Paz, une des seules villes au monde où "les pauvres vivent au dessus des riches", les familles et communautés les plus défavorisées habitent les hauts plateaux, là où le climat est le plus rude (gel, vent et aridité). La walipina offre une solution adéquate en permettant la production de légumes toute l'année. La température interne est maintenue entre 10 et 15°C grâce à l'inertie et la capacité réfractaire de la terre (nos caves fraîches en été et hors gel en hiver bénéficient du même effet). Les besoins en arrosage sont notablement réduits par l'effet de serre.
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Au Talavé, le micro-climat le plus favorable se situe au pied de la face sud du chalet. Cet zone est la première à bénéficier d'un ensoleillement direct à partir du 24 janvier (nous ne "voyons" plus le soleil à partir de fin novembre). Mais il nous faut attendre fin février pour bénéficier de plus d'une heure d'ensoleillement par jour. Nous voulons donc implanter notre walipina dans cette espace, et évaluer si le stockage thermique de l'été suffira à assurer la mise hors gel  de la serre jusqu'au mois de février. Si ce n'est pas le cas, nous envisagerons d'y greffer un chauffage par fermentation de broyat (avec échangeur à air). Le mur regardant au sud sera incliné à 60-70° et recouvert d'en enduit terre/paille pour créer une masse de stockage thermique. Un sas et un piège à froid (à la manière des igloos inuit) seront créés à l'entrée et au fond de la serre. Nous espérons à terme pouvoir construire un toit en verre à double paroi.

Ah! pourquoi le titre de cet article? Dans cette optique de stockage de chaleur, nous voulons créer des murets et cultiver sur ados. N'ayant pas le budget pour faire creuser la fosse, les évènements nous ont motivés à utiliser nos deux paires de bras (et quelques outils). Sitôt les pierres sorties, elles sont méticuleusement recyclées et rangées quelques dizaines de mètres plus loin...

Oui, ça ne fait que deux coups! Après réflexion, si la taille des blocs le permet, nous ferons d'une pierre trois coups en finissant le travail sans mini-pelle. Nous maîtriserons ainsi notre bilan "énergie grise" pour ce chantier, en employant quelques outils manuels, un motoculteur essence et sa remorque pour le transport des pierres, et produirons beaucoup de sueur!

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